Ci sono situazioni in cui non stiamo davvero discutendo di idee, ma difendendo una posizione. E più sentiamo di dover avere ragione, più il confronto si irrigidisce.
Nel lavoro come nella vita capita spesso di trovarsi in dialoghi che diventano rapidamente scontri. Non perché manchino le competenze o le informazioni, ma perché qualcosa si chiude. Il confronto si riduce a una dinamica semplice e faticosa: ho ragione / hai torto. Dietro questa dinamica c’è un bisogno profondo, raramente dichiarato: sentirsi al sicuro nelle proprie convinzioni.
Quando una posizione viene messa in discussione, non sempre è solo un’idea a sentirsi minacciata. Spesso è l’identità, il ruolo, l’immagine di sé. Il pensiero critico, in questa prospettiva, non è giudicare meglio, né smontare l’altro. È la capacità di osservare sé stesso e il contesto senza collassare.
Allenare lo sguardo significa imparare a distinguere tra: ciò che è un fatto, ciò che è un’interpretazione, ciò che è una reazione automatica. Questa distinzione, semplice ma non banale, apre spazio.
Spesso ciò che orienta le scelte non è ciò che viene espresso apertamente, ma ciò che resta implicito: presupposti non dichiarati, convinzioni date per scontate, paure che non trovano parole. Il pensiero critico non attacca questi elementi, li rende visibili. E rendere visibile non significa smascherare, ma portare alla luce. Quando non distinguiamo tra fatto, interpretazione e reazione, ogni confronto diventa fragile. Le decisioni si polarizzano. Le relazioni si irrigidiscono. Il dialogo perde profondità.
Allenare il pensiero critico permette invece di restare presenti anche nella tensione, senza dover vincere o convincere. Non per avere sempre ragione, ma per non ridurre la realtà a una sola lettura. Forse il pensiero critico non serve a dimostrare qualcosa. Serve a restare aperti quando sarebbe più facile chiudersi.
E a chiedersi, ogni tanto: sto reagendo per difendere una posizione, o sto osservando per comprendere meglio ciò che mi sta guidando?
---
Il y a des situations où nous ne discutons pas vraiment d’idées, mais où nous défendons une position. Et plus nous ressentons le besoin d’avoir raison, plus l’échange se rigidifie.
Au travail comme dans la vie, il arrive souvent que des dialogues se transforment rapidement en affrontements. Non pas parce que les compétences ou les informations manquent, mais parce que quelque chose se ferme. L’échange se réduit alors à une dynamique simple et éprouvante : j’ai raison / tu as tort. Derrière cette dynamique se cache un besoin profond, rarement exprimé : se sentir en sécurité dans ses propres convictions.
Lorsqu’une position est remise en question, ce n’est pas toujours une idée qui se sent menacée. Souvent, c’est l’identité, le rôle, l’image de soi. Dans cette perspective, la pensée critique n’est ni mieux juger, ni démonter l’autre. C’est la capacité de s’observer soi-même et d’observer le contexte sans s’effondrer.
Entraîner le regard, c’est apprendre à distinguer entre : ce qui est un fait, ce qui est une interprétation, ce qui est une réaction automatique. Cette distinction, simple mais non banale, ouvre de l’espace.
Souvent, ce qui oriente les choix n’est pas ce qui est exprimé ouvertement, mais ce qui reste implicite : des présupposés non déclarés, des convictions tenues pour acquises, des peurs qui ne trouvent pas de mots. La pensée critique n’attaque pas ces éléments ; elle les rend visibles. Et rendre visible ne signifie pas démasquer, mais mettre en lumière.
Lorsque nous ne distinguons pas entre fait, interprétation et réaction, tout échange devient fragile. Les décisions se polarisent. Les relations se rigidifient. Le dialogue perd en profondeur. Entraîner la pensée critique permet au contraire de rester présent, même dans la tension, sans chercher à gagner ou à convaincre. Non pas pour avoir toujours raison, mais pour ne pas réduire la réalité à une seule lecture.
Peut-être que la pensée critique ne sert pas à démontrer quelque chose. Elle sert à rester ouvert là où il serait plus facile de se fermer. Et, de temps en temps, à se demander : est-ce que je réagis pour défendre une position, ou est-ce que j’observe pour mieux comprendre ce qui me guide ?


![Pensiero critico ][ Pensée critique Pensiero critico ][ Pensée critique](https://files.supersite.aruba.it/media/30716_ea2b8a3d8dad19826ef49f850cb89eeb559451a9.png/v1/w_0,h_0/03-pensiero-critico.png)